
Elle ose comme personne
La rumeur enfle... Il y aurait sur les routes de France une chanteuse solitaire qui soulève les salles grâce à un humour décapant et une manière décomplexée d’aborder le genre de sujets qui tiennent à cœur...
Tiens !... Une nouvelle chanteuse québécoise ? L’accent ne trompe pas... Ni cette première chanson, qui ressemble à du Lynda Lemay, en forçant le trait... Le public se marre. Elle est drôle cette jeune femme, seule en scène avec sa guitare et ses samples – pour la voix. Tout à coup, bref flottement dans la salle : Anaïs prend l’accent du sud, précisant que le coup de la chanteuse québécoise, c’est « parce que c’est à la mode »...
Un avant-goût de l’ironie qui parcourt son spectacle ; ses chansons visant tour à tour – avec justesse et une bonne dose de vitriol – les p’tits couples, la rivale, le rap, le grand amour...
Ajoutez-y un pastiche de musique celte hilarant. Et des délires musicaux parfaitement maîtrisés. « Je n’écris pas sur le quotidien. Je choisis des instantanés. Pas des clichés mais des choses qui interpellent les gens, en cherchant l’angle qui surprend, le contre-pied... », insiste-t-elle.
Nouvelle Parisienne, née à Grenoble, grandie en Alsace puis étudiante à Aix-en-Provence, Anaïs Croze (rien à voir avec Pauline) a suivi des parents magistrats – visiblement très ouverts : le père, grand cinéphile, a hésité entre la magistrature et le spectacle quand la maman jouait au théâtre. « Moi j’étais plutôt introvertie, du genre à rester seule dans la cour de récré. En même temps, j’étais assez clown... Mais je me suis réveillée à l’adolescence. »
CHEAP SHOW Petite, elle est persuadée qu’elle sera actrice, avant de se voir réalisatrice... puis prof d’anglais. N’empêche que la musique est déjà là. Elle perfectionne sa voix dans des chorales et chante au sein d’Opossum, groupe rock qui ne se prive pas de mélanger les genres et où se façonne le style Anaïs, aussi allumé qu’unique.
Elle dit avoir beaucoup écouté les chanteuses fantaisistes des années 30 à 50, telles Marie Dubas ou Lily Fayol : « A cette époque, il y avait une énorme liberté dans les textes, avec un côté Tex Avery dans les arrangements. » Elle cite aussi, en vrac, Ute Lemper interprétant Kurt Weill, les Beach Boys, la voix de Jerry Lee Lewis, la country que ses parents écoutaient dans la voiture sur la route des vacances, Bette Midler et son show rock des années 70 et même l’électro et l’électro-clash : « J’aime la musique qui se lâche ! »
Après quatre années d’Opossum et déjà une sélection en découvertes du Printemps de Bourges, elle décide de partir en solo : « Notre côté fou s’adaptait bien aux reprises mais pas aux créations. » Elle lance son Cheap show, un concert « où je veux me permettre quelques débordements ». Quand elle évoque la naissance, sa berceuse dérape... « Dans la vie, aussi, il y a beaucoup de rythmes et de ruptures... », se justifie-t-elle d’un sourire.
Anaïs souhaite en tout cas prendre son temps... Pour prolonger la scène, elle a choisi de se présenter par un premier album live autoproduit, fin mai, même si elle a déjà tapé dans l’œil de pas mal de maisons de disques.
moi j'adore mon coeur mon amour car il révèle plein de petites vérités de la vie de couple naissant( bref je m'y suis reconnue

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